CHANGER LES PILES DU REVODREAM

CHANGER LES PILES DU REVODREAM

L’atelier rEvo

Atelier rEvo

Changer les piles du rEvodream

Matériel: Une clé allen taille 2 – une clé allen taille 2,5

Ingrédients: Un rEvodream – deux piles CR2450

Temps de préparation: 15 minutes

1. Enlever la protection en caoutchouc

2. Desserrer les huit vis

3. Les dévisser complètement et réserver

4. Retirer la vitre du rEvodream, le fond d’écran et la cale en néoprène en douceur. Attention aux fils

5. Desserrer le « battery clip » ou languette métallique qui sert à retenir les piles

6. Changer les piles ( Le + vers le haut, si le rEvodream ne s’allume pas, c’est que la polarité a probablement été inversée)

7. Vérifier la propreté du joint

8. Remettre la cale en néoprène puis le fond d’écran en place

9. Remettre la vitre

10. Mettre en place les huit vis. Serrer délicatement

11.Vérifier à nouveau l’état du joint

12. Remettre la protection, attention au sens

13. Allumer le rEvodream et vérifier le voyant pile

La calibration et les réglages du rEvodream ont été conservés.

How to change the rEvodream’s batteries

Tools: One allen key size 2 – one allen key size 2,5

Ingredients: One rEvodream – tow CR2450 batteries

Preparation time: 15 minutes

1. Remove the rubber protection

2. Release the eight screws

3. Unscrew completely, set aside

4. Remove gently the rEvodream’s pan, the neoprene block and the desktop background. Be careful of wires.

5. Release the « battery clip » which is the metal stripe used to hold back the batteries

6. Change the batteries ( The + at the top, if the rEvodream doesn’t switch on, it probably means the polarity has been reversed)

7. Verify the seal cleanliness

8. Put the neoprene block and the desktop background back in place

9. Put the pan back

10. Set the eight screws up. Squeeze gently

11. Verify the seal cleanliness one more time

12. Put the rubber protection back

13. Switch on the rEvodrream and verify the warning light

 

 The rEvodream’s calibration and adjustments are preserved

Illustration et vidéo © KRAKENPLONGÉE

http://www.revo-rebreathers.com/

 

LE GAPEAU # 2

LE GAPEAU # 2

Carnet de plongée # 2

Le Gapeau

”Epaves déraisonnables”

Déraisonnable, l’adjectif est entré dans le langage courant des plongeurs pour qualifier les épaves profondes, ces épaves énigmatiques qui gisent au delà de 60 mètres de profondeur. Déraisonnable, ce qualificatif juste et poétique fait tinter à mes oreilles le son du plaisir coupable. Ces épaves déraisonnables sont comme le chocolat, on ne devrait peut être pas mais au final cela ne fait pas grand mal.

Le Gapeau a été décrit par Anne et Jean-Pierre Joncheray dans un le fascicule n°20 du « Livre des épaves« , intitulé Naufrages en Provence, Corse, Ligurie. Épaves déraisonnables de Marseille à Bonifacio et à San Remo. Ce remorqueur à vapeur du début du XXème siècle repose par 71 mètres de profondeur, entre les îles des Embiez et le cap Sicié.

Le Gapeau illustration

Naufrage

L’histoire du navire est longtemps restée incertaine et mystérieuse. Il a finalement été déterminé que Le 3 mars 1925, le cargo Phocée a abordé et coulé Le Gapeau qui remorquait alors un chaland nommé Le Veinard. Il n’y a eu miraculeusement qu’un seul blessé lors de ce naufrage. Le navire fut ensuite facilement identifié par les plongeurs, son nom étant inscrit sur sa cloche ainsi que sur sa poupe.

Pont du Gapeau

43°03,300 N – 5°47,440 E

Pour trouver l’épave, il faut se rendre au sud de l’île du Gaou. À l’époque où Anne et Jean-Pierre Joncheray plongent sur Le Gapeau, le site est situé en zone militaire et interdit à la plongée. L’épave n’a évidement pas bougé, mais aucune autorisation n’est récalmée. Jean-Pierre Joncheray nous conseille de nous méfier de la petite roche qui se trouve à côté du site et que l’on confond souvent avec l’épave quand on la cherche au sondeur. Je ris intérieurement en lisant ces lignes puisque vingt ans plus tard, nombreux sont ceux à encore se faire avoir.

Le Gapeau tribord
Exploration

Si par mégarde vous atterrissez sous le courant du Gapeau et qu’en chemin vous rencontrez un grand filet de pêche posé au sable, remontez-le et vous arriverez à la proue du navire. Vous vous retrouverez alors devant une étrave droite, pointant éternellement vers l’ouest. Comme de nombreuses épaves méditerranéennes, la carène du Gapeau est recouverte d’huîtres et d’éponges jaunes et grises. Au sable on admire une colonie de Pennatules ou Plumes de mer. Un peu plus loin vit une gorgone blanche et solitaire, Euniella verrucosa. On ne peut la manquer tant son ivoire tranche avec l’ambiance sombre de l’épave.

On se laisse glisser jusqu’à la poupe pour arriver face à l’hélice. Celle-ci surprend tant  elle parait surdimensionnée pour la taille du bateau. Elle était pourtant parfaitement appropriée à son rôle de remorqueur. Le safran succède à l’hélice. Le longer permet de naturellement s’élever jusqu’au pont du navire. C’est ici qu’un étrange triangle apparaît: il s’agit en fait du secteur de barre sur lequel passaient les câbles de commande du gouvernail. Tandis que l’on se trouve à la poupe, on est encerclé par une brume d’Anthias. Faisant face au courant, ces petits poissons planctonophages tentent de doubler leurs congénères dans la course à la nourriture. Mais les Anthias ne sont pas franchement vaillants. Malgré la faim, ils ne s’éloignent pas. Le Gapeau est un récif protecteur.

On passe ensuite devant la verrière dont ne subsiste que le frêle squelette de fer. Sous la verrière, le moteur à vapeur repose sagement dans sa cale. Avant d’accéder au château avant, on remarque l’ouverture circulaire qui accueillait autrefois la cheminée du Gapeau. Dans Épaves déraisonnables, il est écrit que la cheminée repose dans le sable, à côté du Gapeau. Inutile de la chercher, le courant l’a certainement emportée. Dans le pont côté bâbord, on remarque un trou. Ce trou laisse entrevoir les  réserves de charbon du vapeur. On continue d’avancer jusqu’au château avant. Le couloir traversant la cabine est rendu inaccessible par une tapisserie d’huitres aux coquilles tranchantes. On ne peut découvrir l’intérieur des pièces qu’à travers les hublots. Arrière tribord c’est la cuisine. Avant bâbord, ce sont les wc dont l’émail glissant empêche toute vie de s’y fixer. De retour à la proue, on jette un dernier coup d’oeil aux cales sombres et évidée avant de remonter.

Configuration

Je me souviens de la première fois sur Le Gapeau, de nuit, avec les copains. Un pschit d’hélium dans le dos et un bloc de déco pour tout bagage, c’était l’été. Je me souviens de la naissance d’une forme dans le noir. Je me souviens de ma seconde première fois sur Le Gapeau. La première fois que je plongeais aux mélanges en recycleur. Je me souviens du bonheur de pouvoir rester longtemps profond, c’était l’hiver. Je me souviens du temps long avant de pouvoir refaire surface.

Le Gapeau est une épave discrète, visitée de temps à autre par ses riverains. On ne vient pas dans le sud pour « faire » Le Gapeau. Ce site est pourtant parfait pour les plongeurs trimix en formation ou certifiés normoxique. Le pont de l’épave se situe à 65 mètres et le fond de sable plat est à 71 mètres. Elle ne mesure qu’une trentaine de mètres ce qui permet de maîtriser le temps de l’exploration pour que les paliers ne s’envolent pas (trop).

La plongée est réalisable avec un petit-bi et une déco. Pour une quinzaine de minutes au fond prévoir une quarantaine de minutes de DTR. Sur ces sites profonds nous ne plongeons généralement qu’en recycleur. Voici la courbe d’une plongée réalisée sur Le Gapeau. Avec un diluant Tx 15/30 l’équivalant narcotique est un peu élevé – 44 mètres – mais comme il n’y a aucun risque de dépassement de la profondeur cela reste acceptable. Nous emportons sur nous un Tx 18/45 et un Nx 30 comme bail-out. Sur le bateau, nous avons du Nx 50 et de l’O2 sur la ligne de sécurité. Ici, pour 25 minutes passées au fond, il y a environ 1h de paliers obligatoires.

Photographies, croquis et courbe de plongée © KRAKENPLONGÉE

Illustration du Gapeau et informations extraites de JONCHERAY Anne et Jean-Pierre et al. Naufrages en Provence, Corse, Ligurie. Épaves déraisonnables de  Marseille à Bonifacio et à San Remo. Fréjus, Les cahiers d’archéologie subaquatique, coll. « Le livre des épaves », n°20, 2001, 61 pages.

http://cahiersarcheosub.org/

TRANSMISSION # 1

TRANSMISSION # 1

Carnet de Plongées # 1

Transmission

Rite initiatique

Il y a quelque chose de la cérémonie dans la remise du premier carnet de plongées. Le moniteur accueille le nouveau venu dans une communauté où chacun fiche et archive le temps vécu sous l’eau. D’un coup de tampon et d’une signature il officialise l’expérience. Le carnet de plongée est un passeport, un historique à soumettre au jugement de chaque nouveau directeur de plongée. Élément intime et symbolique, le carnet reflète le rapport conscient ou non entre le plongeur et sa pratique: carnet souvenir, carnet faire-valoir, carnet d’artiste, carnet perdu…

Petite, j’éprouvais une grande fierté à remplir mon carnet. Après chaque plongée, j’ouvrais le Weinberg et retranscrivais les noms de toutes les espèces rencontrées. Aujourd’hui je ne tiens plus de carnet de plongées et parfois, je le regrette. Thibault est un fétichiste du carnet, il reporte minutieusement chaque immersion. Ce qui lui plaît surtout, c’est de noter les amers et les points qui lui permettront de retourner là où il a été émerveillé. Ne le laissez jamais roder autour de votre GPS, vous vous feriez discrètement vampiriser.

Carnet de plongée

Héritage

Nous plongeons généralement sur des sites connus où nous ne courrons pas le risque d’être déçu ou de décevoir nos passagers. Peu nombreux sont ceux qui sur la simple rumeur de l’écho rebondissant osent se jeter à l’eau. Ceux-là sont possédés par l’idée d’être les premiers à explorer. C’est bien grâce à ces passionnés que nous pouvons petit à petit agrandir notre terrain de jeu. Pour eux, le carnet de plongée perd sa fonction primaire et finit par se métamorphoser en carnet d’enseignures.

Il y a quelques jours, j’ai ouvert celui de mon père. Je me suis émerveillée de mon ignorance, de toutes ces plongées que je ne connaissais pas. J’ai allumé le traceur du bateau et l’image de la Méditerranée m’y est apparue mouchetée de dizaines de petites points multicolores. J’ai pensé qu’il fallait commencer à poser des questions.

« Qu’est ce que c’est ? Là, sur les l’iso des 80 ? » Mon père met ses lunettes et réfléchit une seconde. « Ça… Des petits cailloux à langoustes, c’est très joli.

-Et celui-là? Ce n’est pas très loin, pourquoi on ne le fait jamais?

-Ah ça! C’est une épave du XIIÈME, il ne reste plus rien mais il y des canons en bronze dessus et un petit tombant derrière ».

Les épaves s’abîment, les petites roches de pas grand chose sont oubliées. Nous retomberons peut être dessus un jour mais si nous ne demandons pas aux anciens de nous livrer leurs carnets aux trésors nous n’auront pas toute l’histoire.

Isadora 1990'

Transfert

Après avoir fouillé dans le traceur, j’ai ensuite « emprunté » à mon père son coffret « Le Livre des épaves » d’Anne et Jean-Pierre Joncheray, déclarant en avoir besoin pour faire des recherches. Il sait qu’il ne le reverra jamais.

Quand j’étais enfant nous partions pour de merveilleuses croisières. L’Isadora et le bateau des Joncheray naviguaient ensemble à la recherche de nouvelles épaves. Je me souviens rigoler comme une baleine a chaque fois que je voyais Jean-Pierre enfiler son babygros rose bonbon. À bord il y avait aussi Eveline et Cedric Verdier, c’était les années 90 et les débuts de la plongée tek en France. Je me souviens avoir regardé d’un air soupçonneux ces grosses boites jaune qu’ils chargeaient sur leur dos…

Naufrages en Provence

Dans ces carnets nous voulons participer à ce transfert; renseigner, expliquer et partager nos plongées. Nous parlerons évidemment des site les plus connus puisque leur célébrité provient de leur inaltérable beauté. Mais nous voulons aussi mettre à l’honneur des plongées plus confidentielles et peut-être, dévoiler quelques secrets.

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